Chapitre 10 : le sacre de Mayabis

Publié le par Francis Creg / Martine / Nadine / Photos le Peuple des Abeilles

 
 Réflexions de Francis Creg  

 Depuis ma plus tendre enfance, les abeilles m’ont fasciné. Autour du petit village ariégeois où je passais mes vacances, plusieurs ruchers étaient installés. On m’avait dit de ne pas m’en approcher, de ne pas crier, et lorsque j’allais chercher de l’eau à la fontaine, je savais que beaucoup d’abeilles s’y rendaient. Je devais donc les ignorer mais elles se posaient sur mes bras mouillés, je ne les chassais pas et ne faisais pas de geste qui aurait pu les énerver. Alors je leur parlais doucement à voix basse, elles étaient devenues  mes copines.

J’ai toujours fait attention de ne pas les confondre avec des guêpes, je n’ai donc jamais tué d’abeille et me suis assuré que personne ne le faisait dans mon entourage. Quant aux bourdons, c’est pareil, je les ai toujours trouvés sympathiques avec leur corps lourd et leur lenteur vulnérable.

D’ailleurs, je me suis souvent demandé pourquoi des insectes aussi lourds, avec de toutes petites ailes et se déplaçant aussi lentement, arrivent à se déplacer dans les airs. Les scientifiques se sont souvent posés les mêmes questions et ont étudié le problème, sans succès. « C’est impossible qu’ils puissent voler, ont-ils affirmé ».

Je crois avoir trouvé la réponse : personne ne leur a jamais dit cela, alors ils volent…

 

Dans le village du Jura où je demeure maintenant, je possède un grand acacia bien placé sur mon terrain. Au moment de la floraison, je m’installe confortablement en dessous sur un transat, et j’écoute le bourdonnement mélodique des abeilles, comme une belle musique dirigée par le plus doué des orchestres.

Je me régale de voir tous ces insectes courageux aller de fleur en fleur inlassablement, ne pas se méfier de l’environnement, ce qu’ils devraient pourtant faire dans certains lieux pollués par les insecticides. Alors, pour que leur travail ne soit pas inutile, je les remercie en dégustant le fruit de leur labeur, ce miel délicieux.

 

On comprendra donc pourquoi l’idée de  Serge et Nadine m’ont enthousiasmé. L’idée de ce conte m’est venue, je l’ai voulu humoristique et caricatural car je ne suis pas spécialiste de l’apiculture, j’ai juste puisé quelques informations sur des livres et auprès de mes amis, sans trop m’étendre ni faire allusion aux différentes saisons, afin qu’il y ait un début et une fin, c’est à dire un autre commencement. Et puis j’ai pensé que ce serait drôle d’imaginer ce que les abeilles pensent du monde des humains.

 

Enfin, je me suis rapidement identifié à Minidoubs car, me connaissant, arrivé dans ce petit monde attachant, je tomberais vite amoureux de Georgette, Maya, toutes les ouvrières, gardiennes et même les kamikazes que j’essaierais de préserver… Et pour rester longtemps parmi elles, je n’ai pas trop fait allusion à leur courte durée de vie de quelques semaines.

Mais il me faudrait vraiment beaucoup d’imagination pour arriver à leur échelle et entrer dans la ruche sans être retenu par ‘’ la grille à pollen ‘’….

 

Papuche minidoubs

Quant à Minidoubs, il n'a pas terminé son intrusion au Rucher des 800.

Poursuivons donc ensemble son aventure...

 

F.Chttp://www.thehoneygatherers.com/images3.1/stock/Francais/2Reine-Abeilles/Reine-Abeilles01.jpg

 

 

 

 


La population de la bâtisse 17 s’est réveillée tôt car la journée est très chargée : il faut préparer le sacre de la prochaine reine. Il s’agit en effet de surveiller les larves privilégiées qui occupent les ‘’cellules royales’’, c’est à dire celles qui ont été conçues plus grandes, plus confortables, plus luxueuses, chacune de ces larves ayant eu bien sûr Maya 17 comme mère et un faux bourdon issu de la Noblesse comme père, ce qui ne l’a d’ailleurs pas empêché d’être par la suite aussi fainéant et inutile que les autres.

 

Ensuite, en présence de plusieurs témoins, de la Reine en exercice et de Maître Jean-Louis, l’huissier désigné, un faux bourdon un peu plus courageux que les autres, une longue attente va commencer : celle qui va permettre de savoir laquelle de ces larves princières va éclore la première.

Alors, aussitôt qu’elle aura ouvert les yeux et déployé ses jeunes ailes, elle sera préparée à la première mission importante de sa vie.

 

« Que va-t-il donc se passer ? demande Minidoubs, impatient.


- On l’aidera à s’habiller, puis elle recevra une dose de venin spécial qu’elle ino-nu-ra…

- Tu veux dire ‘’ inoculera ’’ Georgette.

-  Oui ! Merci Alice : i-no-cu…machin, j’arrive pas à le dire… Enfin, ça veut dire qu’elle piquera toutes les autres larves qui sont logées dans les autres cellules royales.


- Mais c’est particulièrement cruel !…


-  Oui, c’est vrai ! Mais si on les laisse toutes naître, elles se livreraient à un combat sans fin.


-  Pourquoi n’organisez-vous pas des élections, comme chez les humains ?


- Ce serait trop long : campagne électorale, intervention d’abeilles journalistes, deux tours de scrutin, classement de dizaines de milliers de bulletins, et en fait autant de combats entre elles à l’annonce du résultat...


- Effectivement ! Vous gagnez du temps… »

 

Les témoins, la Reine Maya 17 et l’huissier, se sont regroupés devant la cellule 14870 et sont particulièrement attentifs.

 

http://www.thehoneygatherers.com/images3.1/stock/Francais/2Reine-Abeilles/Reine-Abeilles14.jpg« Maître Jean-Louis !… Vous êtes prêt ? demande la Reine.

 

- Oui Majesté ! Mon Polaroïd est armé…

 

- Elle naît !.. Mayabis est née ! Mayabis est née ! Mayabis est née ! chantent les témoins.

                                    

- Hip ! Hip ! Hip !… Hourrah ! Vive la Reine Mayabis ! crie l’ensemble de la ruche.

http://www.thehoneygatherers.com/images3.1/stock/Francais/2Reine-Abeilles/Reine-Abeilles17.jpg

 





- Bon ! Il n’y a pas de temps à perdre, ordonne l’huissier Jean-Louis aux témoins, donnez-lui la seringue de venin et accompagnez-la, il y a 87 larves royales à supprimer.


-  Je ne me serais jamais douté que le monde des abeilles était aussi cruel, s’indigne Minidoubs. Que va-t-il se passer ensuite ?


- Tu le verras dans une heure ou deux… »

 

En effet, lorsque sa première mission est accomplie, Mayabis se présente timidement devant la Reine Maya 17 qui la sacre solennellement d’une magnifique couronne, un peu grande pour elle car elle est encore très REINE-MAYA.JPGjeune, mais qui ne retire rien à son charme et sa beauté.

Toutes les abeilles de la ruche échangent alors entre elles des signes d’admiration.

 

«  Vive la Reine Mayabis ! crient-elles de nouveau à l’unisson avec émotion.


Minidoubs - Deuxpi- Vive la Reine Mayabis ! enchaîne Minidoubs entraîné par l’événement et aussi très ému.


- Et vive notre Régent Minidoubs ! crie Maya 17… J’ai décidé d’instaurer une nouvelle loi chez nous : notre invité d’honneur épaulera votre nouvelle reine pendant quelques jours.


- Vive Minidoubs, conclue l’ensemble de la ruche » 

 

À suivre chapitre 11 : l’exil

 


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sylvie 23/01/2010 17:25


Bonjour Francis,

J'aime beaucoup votre conte !

Lorsque j'étais petite(il y a bien longtemps!), il y avait à la télévision un dessin animé que j'adorais : 'Joe chez les abeilles'

Un petit garçon, Joe, sauvait une ruche du pillage de deux garnements.En remerciement il se faisait piquer avec un venin magique qui le rendait tout petit. Il pouvait ainsi visiter la ruche et
vivait plein d'aventures!

Je crois que vous devez être ce Joe !
Encore merci


nadine 23/01/2010 17:45


ouiiiiiii !!!

Je me souviens de ce dessin animé !!!!!! Et je l'aimais beaucoup.....
En plus connaissant Francis notre écrivain, il correspond bien au personnage tu as raison

bon week end
nadine